20ème anniversaire de la décriminalisation de l'avortement au Canada

Monday, July 26 2010

20ème anniversaire de la décriminalisation de l'avortement au Canada - Moment pour célébrer et pour adresser les défis qui se posent pour préserver la liberté de choisir des femmes Lancement de la campagne anniversaire "Pro-choix pour la vie" et de son site Internet

Ottawa, 28 janvier 2008 -- Aujourd'hui, ce 28 janvier, femmes et hommes à travers le Canada se souviendront de la décision Morgentaler et célébreront son 20ème anniversaire, décision historique décriminalisant l'avortement au Canada, permettant ainsi aux femmes canadiennes l'accès sécuritaire à l'avortement. Soyez fièrement "Pro-choix pour la vie " clament d'une seule voix les organismes pro-choix Action Canada pour la population et le développement (ACPD), l'Association canadienne pour la liberté de choix (CFC) et la Fédération canadienne pour la santé sexuelle (CFSH) lors du lancement sur la Colline parlementaire d'Ottawa d'une campagne virtuelle en faveur de la liberté de choisir des femmes. « Nous demandons à la population du pays de se joindre à nous et de réaffirmer son engagement en faveur du libre choix », disent ces organismes. « Affichez clairement et fièrement vos couleurs en portant le macaron, impliquez-vous sur la question et participez aux célébrations pour cette année spéciale. »

Cependant, même si ce moment invite aux célébrations, il n'en demeure pas moins que bon nombre de défis peuvent menacer la liberté de choisir des femmes. « Au Canada, plusieurs femmes font face à un nombre grandissant d’obstacles lorsqu’elles tentent de se faire avorter, dont, entre autres, le manque de connaissances de certains membres du personnel hospitalier, les coûts et le temps nécessaires au déplacement vers le point de service le plus proche, des restrictions aux ententes de facturation réciproques, l’information erronée et l’obligation de laisser un message sur une boîte vocale pour obtenir de l’information au lieu de parler à une personne directement. Tous ces obstacles empêchent les femmes de faire l’exercice de leur droit à contrôler leur fertilité, » commente Patricia LaRue, directrice générale de l’Association canadienne pour la liberté de choix.

En 2006, l'Association canadienne pour la liberté de choix entreprenait une vaste recherche en matière d'accessibilité des services d'avortements dans tous les centres hospitaliers canadiens. En avril 2007, l'association présentait le rapport Retour à la réalité, donnant les conclusions de cette recherche, qui soutiennent, entre autres que:

· Depuis 2003, le pourcentage d’hôpitaux offrant des services d’avortement accessibles a diminué de 17,8% à 15,9%. Cela signifie dans les faits qu’un hôpital canadien sur six offre des services d’avortement accessibles.

· 3 fois sur 4, les membres du personnel hospitalier avec qui notre chercheure a parlé n’étaient pas au courant des services offerts par leur établissement et ne pouvaient pas répondre à des questions à propos de l’avortement. 75% des membres du personnel avec qui nous avons parlé ont réagi à ces questions avec incrédulité, confusion ou avec un manque flagrant de renseignements.

· Les services d’avortement disponibles et accessibles sont inégalement répartis sur le territoire canadien. La majorité des centres hospitaliers prestataires de services d’avortement sont concentrés dans les grands centres urbains, à moins de 150 kilomètres de la frontière américaine.

 

Pour sa part, Peggy Cooke, la gagnante du Concours Pro-Choix Canada, livre son témoignage quant aux obstacles que des femmes ont rencontrées lorsqu'elle faisait office d'accompagnatrice à la clinique Morgentaler au Nouveau-Brunswick. « Comment est-ce le système peut maltraiter les femmes à ce point alors que nous pensions vivre dans une société ouverte? Aucune femme aux prises avec une grossesse non planifiée ne devrait être obligée de subir les difficultés que cette province anti-choix lui impose. Le Canada ne sera pas pro-choix tant et aussi longtemps qu’il restera une seule femme qui endure ce type de jugement patriarcal parce qu’elle souhaite un avortement. » « La décision Morgentaler est une victoire juridique qui pourrait facilement perdre de sa valeur face aux entraves qu'un gouvernement anti-choix peut opposer », explique Katherine McDonald, avocate et directrice générale de l'Action Canada pour la population et le développement, qui poursuit en donnant la séquence logique possible. « Il n’a qu’à désigner à des fonctions stratégiques un ministre anti-choix, qui à son tour retiendra les services de bureaucrates principaux tout autant anti-choix, qui auront à cœur de développer des politiques en matière de droits des femmes, droit de la personne et de santé sexuelle et reproductive, tout autant anti-choix. Il peut aussi nommer des juges anti-choix. Il peut retirer le financement aux cliniques, refuser l’homologation de nouveaux produits contraceptifs, refuser de reconnaître la nature médicale de l’avortement, éviter de s’assurer que les provinces offrent des services d’avortement, et être silencieux lorsque des provinces manquent à leur devoir de dispenser des programmes d’éducation sexuelle complets pour réduire l’incidence des grossesses chez les adolescentes et du VIH/sida.»

« Nous, à la Fédération canadienne pour la santé sexuelle, sommes inquiets pour la nouvelle génération qui se fait bombarder par de la mauvaise information et par des campagnes basées sur la peur. En n’offrant pas d’éducation sexuelle exhaustive et de services adaptés à leurs besoins spécifiques, on nie aux jeunes l’information dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées », affirme en terminant Linda Capperauld, directrice générale de la Fédération canadienne pour la santé sexuelle.

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