Déclaration du Forum des femmes de Montréal pour le 8 mars 2005

Wednesday, July 28 2010
C'est avec détermination et ténacité à défendre leurs aspirations pour une société humaine, que les femmes du monde célèbrent aujourd'hui le 8 mars 2005. Elles marchent résolument contre ce système capitaliste d'exploitation et d'oppression des peuples du monde qui n'a qu'à offrir pillages, tragédies, misères, guerres et agressions aux milliers d'êtres humains. Elles lancent aujourd'hui le 8 mars la Charte mondiale des femmes pour l'humanité déclarant qu'elles refusent ce sombre avenir. Oui, un autre monde est possible!


 

Le Forum des femmes tient d’abord à affirmer fermement son appui à la juste lutte des milliers d’étudiantes et étudiants du Québec en lutte pour défendre le droit à l’éducation. Nous condamnons le gouvernement Charest pour son mépris total envers leurs demandes et dénonçons les arrestations et la brutalité avec lesquelles le gouvernement Charest traitent la jeunesse étudiante. Il démontre ainsi qu'il n'est aucunement préoccupé d'offrir une éducation à la jeunesse de la classe ouvrière et du peuple pour lui assurer un avenir sans endettement et sans insécurité. Il prétend qu’il n’a pas d’argent et doit être « responsible » pendant qu’il ne cesse de payer des riches en détournant les richesses de la nation.


 

Un des assauts les plus vicieux de la société avec l'aide des médias monopolisés est de faire en sorte que les femmes nient leur propre expérience dans la lutte pour résoudre les problèmes que la société confronte. Quelle est notre expérience? Nous exigeons des investissements dans la santé, l'éducation et les programmes sociaux, les secteurs les plus fondamentaux pour le bien-être de tous. Ces réclamations frappent le mur du diktat des monopoles et des grandes puissances qui imposent le pillage de nos ressources et l'annexion de notre économie à l'économie américaine. Les travailleuses du secteur public sont en pleine période de négociation, s'opposant à la liquidation du système public de santé et d'éducation, réclamant des ressources humaines et des conditions de travail décentes. Le gouvernement répond en exigeant des concessions sur leurs demandes, les menaçant de les criminaliser si elles vont trop loin.


 

Alors que la loi sur l’équité salariale a été adoptée depuis longtemps, le gouvernement refuse de s’y soumettre et de reconnaître ce droit. Nous réclamons un moyen de subsistance pour toutes et tous, soit ce qu'il faut pour manger, se nourrir, s'éduquer, se vêtir, étudier et se soigner. Le gouvernement répond en proposant le projet de 57 appauvrissant les plus démunis et en adoptant au bâillon plus de 8 lois (les PPP, la sous-traitance, la désaccréditation des syndicats, etc.). Nous luttons contre la précarité croissante de l'emploi, le travail atypique, à temps partiel, sur appel, qui est le lot de milliers de travailleuses, souvent mal payées, sans conditions et sans sécurité. Nous exigeons des emplois décents pour élever dignement nos familles. Le gouvernement avance que le travail précaire serait une solution à la conciliation travail-famille et impose des lois favorisant la précarité qui protègent les intérêts financiers des monopoles.


 

Des communautés entières au Québec qui veulent ardemment exercer un contrôle sur les ressources de leur région et s’assurer leur avenir ont subi le diktat brutal des monopoles de l’acier, du textile, de l’aluminium en 2004. Un jour, ils ouvrent une usine, exploitent les ressources et le lendemain quittent pour aller ailleurs sans avoir à rendre des comptes. Avec lâcheté, le gouvernement les laisse partir. C'est ce qui s'est passé au Saguenay, en Abitibi, à Huntingdon et ailleurs.


 

Pendant ce temps, le gouvernement Charest parle de «Briller pour l’avenir», nous répètant que notre avenir ne pourra briller sans la prospérité des monopoles! Ce sont les monopoles qui vont sauver les femmes et le peuple! Nous rejetons catégoriquement ce mensonge.   Notre expérience collective est que la prospérité des monopoles signifie la négation encore plus violente des droits du peuple. Notre expérience est que ce n'est pas l'influence des femmes auprès des gouvernements qui permettra les changements profonds dont la société a besoin mais le pouvoir politique qu'elles se donneront.


 

Le processus politique actuel nous marginalise et nous empêche d'exercer un contrôle sur les prises de décisions qui affectent nos vies et d’assurer la réalisation de nos droits. Les droits pourront s'affirmer si les femmes et tous les collectifs de la société s’organisent et se placent en position de décider, pas si les monopoles sont prospères!


 

Nous lançons l'appel à toutes d'intensifier discussions et actions à la défense de nos droits et pour le pouvoir politique.


 

Appuyons la lutte des femmes du monde pour leur émancipation!

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