Du soutien à la solidarité : du GIVCL émerge le Centre de solidarité lesbienne

Wednesday, July 28 2010

Actif depuis 1995 pour intervenir, faire connaître et reconnaître la réalité de la violence conjugale au sein des couples de lesbiennes, le Groupe d’intervention en violence conjugale chez les lesbiennes (GIVCL) se transforme et devient désormais le Centre de solidarité lesbienne (CSL).

Ce changement est le résultat d’une longue réflexion amorcée par les intervenantes et membres du conseil d’administration du GIVCL devant le constat de la rareté des services directs et exclusifs offerts aux lesbiennes. Ce faisant, elles voulaient profiter de leur connaissance du milieu des lesbiennes pour élargir à la fois la mission et la portée de l’organisme.

S’appuyant sur les principes de l’intervention féministe, le CSL poursuivra ce travail autour de la violence conjugale, continuera de proposer des groupes de soutien pour lesbiennes victimes de violence conjugale et prévoit aussi offrir des services spécifiques aux agresseures. La forme que prendront ces services n’est pas encore définie mais, pour les intervenantes du CSL, nous ne pouvons laisser ces lesbiennes livrées à elles-mêmes, sans outil pour comprendre et modifier leur comportement.

En marge de sa mission officielle, le CSL veut permettre une prise de contact plus facile pour celles qui vivent de la violence conjugale. Par le biais d’autres services, certaines lesbiennes confrontées à ce problème pourraient décider de s’ouvrir après avoir développé un lien de confiance avec des intervenantes.

Le CSL développera également de nouveaux créneaux d’intervention tels la santé lesbienne et le bien-être. En plus de promouvoir le développement d’un esprit critique face au monde de la santé, le Centre veut sensibiliser les lesbiennes face à leurs particularités. Pourquoi intervenir spécifiquement sur la santé lesbienne ? Est-ce que les lesbiennes ne seraient pas aussi bien servies par le champ plus vaste de la santé des femmes ? Pas tout à fait. Certains problèmes concernent les lesbiennes de manière particulière.

Ainsi, le cancer du sein, plus présent chez les femmes n’ayant pas eu d’enfants, est forcément plus répandu chez les lesbiennes. Celles qui en sont atteintes hésitent à fréquenter des groupes de soutien où elles pourraient être confrontées à de la lesbophobie. De plus, plusieurs lesbiennes ne se préoccupent pas de leur santé gynécologique considérant que celle-ci est réservée à la contraception, aux infections transmissibles sexuellement (ITS) et aux grossesses. Pourtant, certaines ITS sont transmissibles lors de rapports entre femmes (notamment la

chlamydia) et toutes les femmes sont susceptibles d’avoir des problèmes de menstruations qui nécessitent un suivi gynécologique plus serré.

De plus, le recours à l’insémination artificielle par de plus en plus de lesbiennes apporte son lot de questionnements et de besoins en termes de soutien. La discrimination dont les lesbiennes font encore l’objet entraîne également des conséquences pour la santé. Ce ne sont là que quelques exemples soulignant les besoins particuliers des lesbiennes en regard de leur santé. Le CSL veut également rendre visible la question de la santé lesbienne auprès des intervenantes et intervenants concernés.

À travers divers ateliers, formations et rencontres le CSL espère améliorer le bien-être et également encourager les contacts intergénérationnels et interculturels entre lesbiennes favorisant ainsi une véritable solidarité.

Installé dans de nouveaux locaux situés sur la rue Saint-Denis, perpétuant ainsi une tradition chère aux lesbiennes, le CSL proposera d’autres services. Il sera doté d’un centre de documentation et offrira un accès Internet. Il pourra servir de lieu de diffusion de la culture lesbienne en offrant ses murs et son espace à des lesbiennes voulant exposer leurs œuvres ou présenter une prestation.

Il sera également possible de réserver les locaux pour diverses rencontres. Le CSL sera donc un lieu de complicité géré par et pour des lesbiennes, qui pourront participer aux activités, utiliser les services ou s’y arrêter le temps d’un café ou d’une jasette. À travers le membership, les lesbiennes pourront orienter son développement afin qu’il nous rassemble et nous ressemble. Enfin, un site Web permettra de connaître l’ensemble des services ainsi que la programmation et de glaner de l’information sur la santé lesbienne ou sur d’autres sujets qui les préoccupent.

Les services se mettront en place au cours des prochains mois. À compter du 19 août 2008, vous pourrez consulter le site Web pour connaître les services disponibles ainsi que la programmation des activités. Il n’en tient qu’aux lesbiennes que le CSL devienne un véritable carrefour de nos idées, de notre culture et de nos espoirs.

Source : Carole Lejeune

Plus d'info: http://www.solidaritelesbienne.qc.ca

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