Journée de l'équité salariale : La discrimination coûte plus d'un mois de salaire aux femmes du N.-B.

Wednesday, July 28 2010

« Le gouvernement aura-t-il le courage de prendre les mesures nécessaires pour éliminer la discrimination contre les femmes ? », c'est la question que se pose Anne-Marie Gammon, présidente de la Coalition pour l'équité salariale, en ce 29 novembre, déclaré « Journée de l'équité salariale » par son organisme.

La discrimination coûte plus d'un mois de salaire aux femmes du Nouveau-Brunswick - presque un mois et demi, en fait - selon une étude de l'

économiste Ather Akbari (2004). En effet, ce dernier estime que 80 % de l'

écart salarial horaire entre hommes et femmes est dû à la discrimination.

« Une telle injustice nécessite une intervention musclée de la part du gouvernement provincial. Légiférer pour assurer l'équité salariale dans les secteurs public et privé éliminerait une bonne part de la discrimination à l 'endroit des femmes sur le marché du travail », déclare la présidente de la Coalition pour l'équité salariale.

Pourtant, 17 mois après l'introduction à l'Assemblée législative du Projet de loi 77 sur l'équité salariale, 12 mois après les audiences publiques, le Comité de modification des lois n'a toujours pas remis son rapport sur ce projet de loi.

« Serait-ce que le gouvernement hésite à remettre un rapport qui devra immanquablement faire état du large appui témoigné en faveur du projet de loi lors des audiences publiques de novembre 2004 ? Serait-ce, surtout, que ça le gêne d'annoncer qu'il n'a aucunement l'intention d'adopter un tel projet de loi, malgré la faveur populaire ? » s'interroge Anne-Marie Gammon.

Elle invite la population à demander au député Jody Carr, président du Comité de modification des lois, de hâter le processus.

Le projet de loi 77 vise à faire reconnaître la valeur du travail traditionnellement ou majoritairement féminin. S'il était adopté, les employeurs devraient évaluer ces postes ainsi que les postes traditionnellement ou majoritairement masculins, à partir de quatre facteurs

: compétence, responsabilité, efforts, conditions de travail. Si la valeur était la même, les salaires devraient être les mêmes. Par contre, si le salaire relié aux emplois féminins s'avérait moindre malgré une valeur égale, l'employeur serait tenu de les augmenter.

« Quand on y pense, il n'y a pas de raisons qu'une caissière gagne moins que le commis qui place les denrées sur les tablettes à la même épicerie. Ou l'

assistante comptable moins que le vendeur de voiture chez le même concessionnaire. Si deux postes ont la même valeur, ils devraient avoir le même salaire » affirme Anne-Marie Gammon.

La sous-évaluation du travail des femmes est historique. L'accès des femmes à certains domaines d'étude et à certains emplois était restreint. Lorsqu'

elles avaient un emploi, ces derniers étaient systématiquement peu payés parce que le salaire des femmes était considéré comme un salaire d'appoint.

En fait, dès 1899, Robert Emmerson, premier ministre du N.-B. à l'époque, dénonçait le fait que les femmes recevaient souvent à peine plus de la moitié du salaire des hommes qui faisaient le même travail. Jusqu'en 1965, le salaire minimum féminin était inférieur au salaire minimum masculin.

Au cours du XXème siècle, il est devenu illégal d'empêcher les femmes d'

accéder à certains domaines d'études ou d'emplois ou encore, de les payer moins que les hommes pour effectuer le même travail.

Cependant, les emplois traditionnellement ou majoritairement féminins demeurent sous-évalués et sous-payés.

C'est pour changer des mentalités si profondément ancrées que d'autres provinces ont légiféré pour assurer l'équité salariale dans les secteurs publics et privés.

À l'heure actuelle, les femmes de la province gagnent en moyenne 84,5 % du salaire horaire des hommes de la province. Cela représente un écart salarial de 15,5 %, soit une différence salariale moyenne de 2,55 $ l'heure (Stat. Can., 2004). De ce montant, 2,04 $ s'explique par la discrimination.

Selon la présidente de la Coalition pour l'équité salariale, les conséquences de la discrimination salariale touchent non seulement les femmes, mais aussi leur famille et la société toute entière. La perte d'un mois de salaire peut faire la différence entre la possibilité de prendre des vacances ou non, entre offrir des cours de natation à ses enfants ou non, entre la capacité de payer les frais de scolarité pour leurs enfants ou non.

Dans certains cas, ça peut faire la différence entre être au-dessus ou au-dessous du seuil de la pauvreté.

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