La CÉF applaudit les efforts du Comité permanent de la condition féminine et préconise une action immédiate

Monday, July 26 2010

Le 22 avril 2005 : La Coalition pour l’égalité des femmes (CÉF), alliance stratégique de groupes nationaux qui revendiquent l’égalité, applaudit le Comité permanent de la condition féminine pour son rapport historique sur l’analyse comparative entre les sexes (ACS). Le gouvernement fédéral a adopté, en 1995, une stratégie sur l’analyse comparative entre les sexes, afin de répondre à ses engagements en matière d’égalité selon le Programme d’action de Beijing. Malgré les engagements gouvernementaux envers l’ACS, le comité a souligné que, une décennie plus tard, sa mise en œuvre avait été, au mieux, irrégulière.

« C’est la première fois que les parlementaires ont systématiquement évalué l’ACS à titre d’initiative de politique publique importante au sein du gouvernement fédéral. Il faut louer le comité pour son leadership et sa prévoyance », mentionne Lise Martin, directrice générale de l’ICREF.

La CÉF reprend les conclusions du comité dans lesquelles l’ACS est considérée non seulement comme une fin en soi, mais aussi comme un « outil permettant de s’assurer  que les programmes et les politiques servent également les femmes et les hommes ». Selon la CÉF, un mécanisme viable comprendrait une composante importante de consultation avec les groupes de femmes revendiquant l’égalité, afin que les politiques gouvernementales tiennent compte des réalités de la vie des femmes.

La CÉF approuve aussi les recommandations qui suggèrent que les organismes du gouvernement central jouent un rôle plus actif en matière de mise en œuvre de l’ACS, afin qu’il y ait suffisamment de structure de responsabilisation pour cette initiative. Sans la coopération solide du ministère des Finances, du Bureau du Conseil privé et du Conseil du Trésor, l’ACS ne prospérera jamais.

De plus, selon la CÉF, la mise en œuvre réussie des recommandations du rapport repose sur l’engagement considérable des dirigeants politiques et des hauts fonctionnaires envers les objectifs de l’ACS. « Les groupes de femmes nationaux ont constaté les limites d’une stratégie de l’ACS n’ayant pas reçu les ressources nécessaires. La mise en œuvre complète des recommandations du comité exige des ressources financières importantes », souligne Bonnie Diamond, directrice générale de
l’Association nationale des femmes et du Droit.

Également, la CÉF considère la création d’une loi plus exhaustive sur l’égalité des femmes comme partie intégrante du succès d’une approche d'ACS améliorée. Une telle loi devra garantir des mécanismes de responsabilisation solides, comme pour l’actuelle Loi sur les langues officielles.

En ce moment, l’ACS est, en grande partie, un mécanisme créé à l’interne qui a été amorcé par Condition féminine Canada comme moyen permettant au Canada d’aborder l’égalité entre les sexes dans les politiques gouvernementales. Depuis la première introduction de ce concept au Canada en 1995, il y a eu peu d’occasions de débattre les enjeux méthodologiques et politiques qui lui sont liés.

L’ACS n’a pas complètement profité de l’expertise des universitaires féministes et des groupes de femmes qui, avec Condition féminine Canada, pourraient améliorer les approches actuelles gouvernementales en matière d’élaboration de politiques publiques efficaces qui répondent aux obligations du Canada dans le domaine des droits de la personne sur la scène internationale. Les outils actuellement en place ne sont pas suffisants pour s’acquitter des obligations du Canada à cet égard.

« Les groupes de femmes nationaux revendiquant l’égalité lancent aux partis politiques le défi de soutenir l’élaboration d’un plan d’action qui opérationnalise les recommandations de ce rapport », conclut Nancy Peckford, directrice de la programmation à l’Alliance canadienne féministe pour l’action internationale. Les femmes canadiennes ont hâte, avant toute élection, de connaître la position des partis politiques en matière d’égalité des femmes.
 

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