Le 28 mai : Journée internationale d'action pour la santé des femmes

Monday, July 26 2010

Montréal, le 28 mai 2007. Dans le cadre de cette journée d’action internationale, le Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF) déplore l’absence de vision globale du système public de santé.

Au-delà des mots et des déclarations de principes, la vision globale de la santé, bien que reconnue internationalement depuis des décennies, reste encore une vague idée aux allures modernes. Pour la plupart des acteurs concernés, elle demeure des vœux pieux. Or, sans l’intégration de la réalité des inégalités sociales, des enjeux écologiques, économiques et éthiques dans l’organisation de notre système de santé, il ne saurait être question de véritable prévention ni de profonde amélioration de la santé.

Nous continuons à financer et à alimenter un système aveugle au genre, basé sur le curatif et sur l’individuel, perpétuant ainsi l’écartèlement des femmes dans leurs multiples rôles, de mère dévouée, de travailleuse performante, « d’aidante naturelle », de femme de maison, de femme toujours jeune, «sexy», séduisante… Autant d’exigences qui, combinées à la prépondérance des femmes dans les populations pauvres, violentées, vulnérables, marginalisées, entraînent d’énormes pressions sur la santé, tant mentale que physique. Des pressions auxquelles le complexe bio-pharmaco-médical s’empresse de répondre par une médicalisation massive.

Et la roue tourne et tourne rivée aux symptômes. Et nous continuons à financer toujours davantage le système de santé pour des médicaments, pour des spécialistes, pour des pratiques intrusives, sans agir sur la source, sur les facteurs qui conditionnent et provoquent ce que l’on s’acharne à vouloir guérir.

Parallèlement à ces phénomènes, la privatisation grandissante, les décentralisations et les réformes récurrentes multiplient les lieux décisionnels et diluent les responsabilités. Ni les politiques, belles et brillantes sur papier, ni leur financement ne descendent vraiment à la base, sur le terrain.

Comment voulons-nous que les femmes, les intervenantes du système de santé, les groupes communautaires, déjà fragilisés, ne soient pas essoufflés?

Combien de vies écartelées, de détresse psychologique, de souffrances faudra-t-il encore vivre pour décider de changer de cap ? Le temps n’est-il pas venu de changer de lunettes pour modifier nos façons de voir et de faire afin d’investir dans un futur sain et équilibré?
 

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