Loi sur le harcèlement psychologique au travail - Un premier bilan

Wednesday, July 28 2010

QUEBEC, le 1 mars /CNW Telbec/ - La Chaire en gestion de la santé et de la sécurité du travail de l'Université Laval publie aujourd'hui une étude traçant le portrait des premières plaintes déposées à la Commission des normes du travail (CNT) depuis l'entrée en vigueur de la loi sur le harcèlement psychologique en 2004. Les chercheurs Jean-Pierre Brun et Evelyn Kedl ont analysé les 236 plaintes écrites déposées à la CNT entre le 1er juin 2004 et le 30 avril 2005. Ils en arrivent au constat que la prévention tarde à s'installer dans les entreprises et que les salariés en paient encore le prix.

Selon les chercheurs, les motifs de plaintes les plus fréquents sont les propos et les gestes vexatoires, les atteintes aux conditions de travail, la menace de congédiement et l'isolement. "Sans prétendre qu'il s'agit toujours de harcèlement psychologique au sens de la loi, les manifestations rapportées créent beaucoup de souffrance et de détresse chez les salariés.

Ces derniers travaillent dans des milieux où règnent l'incivilité, le manque de respect et toutes les conditions sont réunies pour que de telles situations dégénèrent en harcèlement psychologique", explique le professeur Brun.

Exemples de propos et de situations recueillis dans les plaintes

Etouffer l'histoire

Selon Jean-Pierre Brun, dans la majorité des plaintes analysées, lorsque la situation est signalée, les gestionnaires ont tendance à banaliser les faits ou à considérer que le plaignant est trop fragile ou sensible. Le rapport fait aussi ressortir que la première réaction à un signalement de harcèlement psychologique est l'inaction. "On ignore la situation, on tente par divers moyens d'étouffer l'histoire, on ne veut pas faire de vagues on va même jusqu'à mettre fin à l'emploi du plaignant. Trop souvent, la plupart des organisations agissent uniquement lorsque la crise a éclaté et que les seules modalités d'intervention possibles sont la réparation des dégâts, l'enquête ou la médiation", précise le professeur Brun.

L'éducation reste à faire

Les chercheurs recommandent que les organisations se dotent d'outils de gestion et de systèmes de veille pour détecter et désamorcer les situations qui comportent un potentiel de harcèlement psychologique. "La problématique du harcèlement psychologique au travail doit faire l'objet d'une éducation populaire pour que de telles situations cessent rapidement et que les salariés distinguent mieux ce qui est ou n'est pas du harcèlement psychologique", conclut Jean-Pierre Brun.

Le rapport est disponible gratuitement sur le site

http://cgsst.fsa.ulaval.ca/.http://www.cnw.ca/fr/releases/archive/March2006/01/c2878.html

 

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