McGill expulse son propre Centre contre l'agression sexuelle trois jours avant la fin des cours

Wednesday, July 28 2010
Le Centre contre l'agression sexuelle de l'Association étudiante de McGill (CCASAEUM) est une ressource capitale aux étudiant(e)s ainsi qu'à la communauté montréalaise. Fondé en 1991, il était le seul centre géré entièrement par un personnel étudiant en Amérique du Nord. Le Centre fournit une ligne d'appel confidentielle, neuf groupes de soutien différents, un programme de sensibilisation communautaire, un service d'accompagnement, et un service de support sans rendez-vous, muni d'un centre de ressources mis à la disposition de sa clientèle. Tous ces services sont offerts gratuitement.


 

Le Centre est entièrement financé par l'Association Étudiante de l'Université McGill, qui, durant un récent référendum, a voté majoritairement (86%) pour un support continu de ces services.


 

Le vendredi 8 avril, la Faculté d'Arts a informé le Centre que, vu les demandes académiques croissantes, elle ne peut plus fournir de local au Centre. Par conséquent, le Centre sera expulsé des locaux qu'il occupe présentement le 31 mai prochain. L'organisation étudiante dispose ainsi de 52 jours pour déménager toutes ses opérations. Cette information a été envoyée via courriel à l'organisation trois jours avant la fin des cours. Jusqu'ici aucun espace de remplacement n'a été offert au Centre. L'administration de l'Université demeure insensible à la situation, ne répondant à aucune communication électronique ou téléphonique et laissant leur seul Centre contre l'agression sexuelle dans un état de confusion et de chaos. À moins que l'Université ne reconnaisse le besoin du Centre d'avoir un local sur le campus, les survivant(e)s d'agression sexuelle de McGill se retrouveront sans cette ressource vitale.


 

Le bureau principal du Centre se trouve sur la rue McTavish, voisin de l'AEUM et un nombre d'autres services étudiants. Les contrats de rénovation des locaux, qui sont planifiés pour le 1er juin, ont été signés en février.


 

L'expulsion était clairement planifiée, puisque d'autres groupe partageant des locaux adjacents, tel que l'Association des Étudiants Musulmans, ont reçu un avis d'expulsion en mars. Quoique le Centre comprenne la pression sous laquelle est placée la Faculté d'Arts de fournir des locaux à des fins académiques, l'envoi tardif de l'avis d'expulsion compromet sévèrement ses services. Les bénévoles et ressources normalement disponibles sont rares durant la période des examens et les mois d'été. La négligence de l'Université est indicative du peu d'importance qu'elle accorde à fournir des services d'une importance capitale à ses étudiant(e)s. L'organisation fait appel à l'Université à fin qu'elle reconnaisse que le Centre est une priorité.


 

Les instances d'agression sexuelle sont répandues, mais demeurent peu rapportées. D'après Statistiques Canada, 24 049 cas d'agression sexuelle ont été enregistrées au Canada et 3424 au Québec en 2000. La police de la CUM a enregistré 1435 cas d'agression sexuelle et 13 500 incidents de violence conjugale en 1998. Pendant quatorze ans, le Centre a été une des seules organisations abordant ce grave problème sur le campus et au sein de la communauté montréalaise. L'administration de l'Université McGill se doit de reconnaître que, sans locaux appropriés, le Centre devra cesser ses services.


 

Le Centre fait appel au soutien de la communauté montréalaise en cette période de besoin.


 

Envoyez lettres du soutien a Heather Munroe-Blum SVP :


 

Heather Munroe-Blum Principal and Vice-Chancellor McGill University, James Administration Building, 845 Sherbrooke Street West, Montréal (Québec) H3A 2T5 heather.munroe.blum@mcgill.ca   Madame le recteur Munroe-Blum,
Mon nom est____________________ et je suis _________________________. Je vous écris pour vous exprimer ma préoccupation concernant l'avenir du Centre contre les agressions sexuelles de l'Association Étudiante de l'Université McGill (CCASAEUM),  qui est menacé d'éviction le 31 mai 2005 des bureaux qu'il occupe au sous-sol de l'édifice Peterson Hall. Le (CCASAEUM) est une ressource capitale pour les étudiant(e)s  de McGill et pour la communauté montréalaise et il ne peut fonctionner sans disposer de locaux adéquats sur votre campus.
Je crois comprendre que la Faculté d'Arts a informé le Centre, le vendredi le 8 avril dernier, que, vu des exigences pédagogiques croissantes, elle ne pouvait plus fournir de local au CCASAEUM et que, par conséquent, le Centre allait être expulsé le 31 mai des bureaux qu'il occupe présentement. L'organisation étudiante disposait ainsi de 52 jours pour déménager toutes ses opérations. Cette information a été envoyée via courriel à l'organisation trois jours avant la fin des cours. À ce jour, les locaux de rechange offerts par le Bureau de planification universitaire (UPO), l'instance chargée de toutes les affectations de locaux à McGill, ne suffisent pas à répondre aux besoins du CCASAEUM. Aucun nouveau local n'a été offert au Centre par l'Association étudiante de McGill, l'organisme qui offre le CCASAEUM comme service. Le fait que ni l'Université, ni l'AEUM ne reconnaissent officiellement la responsabilité du CCASAEUM laisse le seul centre contre les agressions sexuelles de l'Université dans un état de confusion et de chaos. À moins que l'Université ne reconnaisse le besoin du Centre d'avoir un local sur le campus, les survivant(e)s d'agression sexuelle de McGill se retrouveront sans cette ressource vitale.
Les cas d'agression sexuelle sont répandus, mais demeurent peu signalés. D'après Statistiques Canada, 24 049 cas d'agression sexuelle ont été enregistrées au Canada et 3 424 au Québec en 2000.  La police de la CUM a enregistré 1 435 cas d'agression sexuelle et 13 500 incidents de violence conjugale en 1998.  Pendant quatorze ans, le Centre a été une des seules organisations à aborder ce grave problème sur le campus de McGill et au sein de la communauté montréalaise.  C'est un des seuls services du genre à s'adresser à la collectivité anglophone et un des rares centres contre les agressions sexuelles à offrir des services aux survivants masculins de ce type d'agressions. Au cours de la seule dernière année scolaire, les ateliers de sensibilisation animés par le Centre ont rejoint 700 étudiant(e)s du premiers cycle, 220 étudiant(e)s de première année à McGill et 350 personnes dans diverses organisations actives sur la campus ou dans la collectivité.  De plus la ligne d'appel de crise du CCASAEUM offre plus de 500 heures de bénévolat par mois en réponse aux besoins de sa clientèle.
Sans des locaux appropriés, le Centre devra cesser d'offrir ses services. Compte tenu de l'urgence de la situation, je vous invite à intervenir personnellement dans ce dossier et à démontrer le caractère prioritaire du CCASAEUM et du mieux-être des survivant(e)s d'agression sexuelle aux yeux de l'Université McGill.
J'espère apprendre bientôt les mesures que vous aurez prises pour remédier à cette inquiétante situation. Merci beaucoup de votre temps et de votre attention à ce dossier.
Veuillez agréer, Madame, l'expression de mes sentiments les meilleurs.
(Vos nom, affiliation et adresse)
 

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